vendredi 27 septembre 2013

J 5 : Aumont-Aubrac / Montgros (étape de 25 km, cumul 121 km)

Ça y est : nous avons franchi le cap de notre première centaine de kilomètres ! Et le beau temps a encore été de la partie aujourd'hui...

7 heures 20 : lever d'un bond (pour Christian), plus progressif (pour Olivier), avec en commun quelques articulations et muscles endoloris (il faut que tout cela se réchauffe !), petit-déjeuner convivial, petit tour de ville pour jeter un coup d'œil sur l'église Saint-Étienne et acheter sandwichs à la boulangerie et fruits sur le marché en échangeant quelques mots avec les gens du coin toujours aimables, curieux et admiratifs...

   Facade de l'église Saint-Etienne

9 heures 30 : départ pour un nouveau périple de 25 kilomètres qui nous a menés (après avoir effectué quelque 32280 pas) dans le village de  Montgros (à 16 heures 30) via La Chaze-de-Peyre, la chapelle de Bastide (à 1445 km de Saint-Jacques !), Lasbros, Les Quatre Chemins (et ses merveilleux panachés), Finieyrols et Rieutort.


   Eglise de la Chaze de Peyre


Un itinéraire qui nous a fait découvrir un cadre totalement nouveau : finis les espaces boisés de la Margeride, couverts tantôt de pins, tantôt de feuillus que nous avons vu prendre une teinte mordorée, et les pâturages compartimentés souvent par des haies. Nous avons pénétré dans l'Aubrac après avoir franchi l'autoroute. La végétation se fait rare, les pâturages sont séparés par des murets de grosses pierres et jonchés de blocs rocheux parfois énormes, comme si des milliers de météorites avaient choisi cette région pour achever leur course.




Devant ces espaces vastes, le pèlerin est encore plus fasciné par l'horizon qui s'offre à lui et dont il sait qu'il n'est pas le sien car sa destination est bien plus lointaine et qu'il le dépassera dans la journée ou le lendemain...


Notre "carnet du pèlerin" (credencial del peregrino) commence à ressembler à quelque chose : les tampons religieux (église) et/ou laïcs (gîte) se succèdent au fil des étapes...

Les pèlerins se raréfient. Nous avons perdu nos principaux compagnons de route de ces derniers jours, contraints professionnellement de tronçonner leur chemin année après année. Nos compagnes les plus sûres sont les vaches (les "reines aux yeux noirs" en Aubrac !), qui nous regardent passer, l'air débonnaire, comme jadis d'autres regardaient passer les trains, avant que la SNCF ne les prive de ce plaisir innocent !


Un constat : le sac à dos est incontestablement plus lourd l'après-midi que le matin (allez savoir pourquoi !). De même, il est très difficile de repartir après la pause casse-croûte de la mi-journée. Les causes semblent scientifiquement prouvées :  la fatigue du matin et la digestion, auxquelles s'ajoutent en ce moment (mais nous ne nous en plaindrons pas) la chaleur et le soleil de face.


Deux marques de gratitude : aux communes qui mettent des points d'eau potable sur la route des pèlerins, aux cafetiers-restaurateurs, lorsqu'ils ne prennent pas les pèlerins pour des vaches à lait (ce qui n'est pas toujours le cas...)

Un petit mot d'une activité quotidienne essentielle : l'atelier "lavage". Une des premières tâches à l'arrivée, juste après avoir bu, s'être déchaussé et avoir pris la douche (des moments toujours divins), réside dans le lavage à la main de la chemise, de la paire de chaussettes et du sous-vêtement du jour avec l'espoir que le tout sera sec le lendemain pour ne pas transporter de linge mouillé toujours plus lourd...

La pensée du jour due à Jean Debruyne :

"Je marcherai sous le soleil trop lourd, sous la pluie à verse et dans la tourmente,
En marchant, le soleil réchauffera mon cœur de pierre,
La pluie fera de mes déserts un jardin,
À force d'user mes chaussures, j'userai mes habitudes,
Je marcherai, et ma marche sera démarche,
J'irai moins au bout de la route qu'au bout de moi-même,
Je serai pèlerin, je ne partirai pas seulement en voyage,
Je deviendrai moi-même un voyage, un pèlerinage".



2 commentaires:

  1. Les photos et les paysages sont magnifique....merci pour ces moments de partage.
    Bon courage
    Fathira

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  2. Quel bonheur de vous lire et de cheminer avec vous... de loin, de bien loin, entre rendez-vous, bureau, réunions et autres contingences. Je découvre avec délices les paysages, les églises, un chien pèlerin, les pauses fromage, pomme ou panaché, sans la fatigue, ni les soins des pieds, du dos et du linge.
    Vous nous faites surtout partager un moment de profonde harmonie, d'étape en étape.

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