lundi 30 septembre 2013

J 8 : Espalion / Golinhac (27 km, cumul 191 km)

Nous avons entamé notre deuxième semaine par une étape longue et éprouvante physiquement.

Avant d'aller plus avant dans la relation de la journée, un "arrêt sur images" s'impose pour faire partager aux lecteurs notre enthousiasme pour deux petits bijoux de l'art religieux, l'église de Perse à Espalion et l'église Saint-Pierre de Bessuéjouls.

L'Église de Perse, située à la périphérie d'Espalion, est à juste titre considérée comme un joyau de l'art roman. Les scupltures et décors polychromes sont splendidess.



   L'adoration des Rois Mages


    Vierge en majesté






Quant à l'église Saint-Pierre, construite en grès rose du pays, elle présente la singularité de renfermer à mi-hauteur dans son clocher une "chapelle-haute" dédiée à Saint-Michel, à laquelle on accède par un escalier étroit aux marches hautes.

    Le clocher avec à mi-hauteur les ouvertures de la chapelle haute







   La chapelle basse et son rétable




(Légende pour les experts en architecture et patrimoine ou simplement les esprits curieux et amoureux de la précision : linteau en bâtière fait d'entre lacs à trois brins se terminant par des demi-palmettes retenues par un anneau, et chapiteau dont l'épannelage vers le haut est cubique et fait de motifs géométriques en cercle qui s'entrecroisent, et celui vers le bas est tronconique et fait d'entrelacs posé sur un astragale cordé (on se sent moins bête quand on sait ça!))

Nous avons donc poursuivi le grand jeu de piste consistant à repérer sur les bornes, poteaux, murets et arbres en tous genres, la marque rouge et blanche du GR 65 ou tout ce qui ressemble de près ou de loin à une coquille. Entre Espalion et Saint-Pierre, le chemin est plaisant. Les choses sérieuses commencent après la chapelle (336 m) par un premier raidillon qui mène à un bled nommé Le Briffoul (490 m) Après la curieuse chapelle de Verrières adossée au chateau, des montagnes russes permettent d'accéder à Estaing. 

    La chapelle de Verrières (à gauche à mi-hauteur : partie blanche)



Un conseil : n'arrivez surtout pas à Estaing à 13 heures 30 un lundi ! Vous pourrez éventuellement boire un verre, servi par une serveuse blasée et un peu baba attardée au seul café ouvert (qui ne sert aucun sandwich), mais ne comptez sur rien d'autre : tout est fermé ! Le trou ! Heureusement, il nous restait un petit saucisson, une tomate et quelques toasts de riz soufflé au chocolat noir (vive l'agriculture biologique tchèque !).

À part cela, le bourg, regroupé autour de son château (fermé lui aussi le lundi...) et de son église "Saint-Fleuret, anciennement Saint-Amans", a beaucoup de cachet. A signaler, le vieux pont gothique du XVIème siècle (classé) sur le Lot !

   Estaing et son chateau (propriété d'un certain Valery)





Après Estaing, l'itinéraire suit le cours du Lot pendant 5 kilomètres : on mange son pain blanc ! 

    Seuls sur la route (aucune voiture croisée en 1h de marche...)

Vient ensuite une bonne heure de grimpette alternant raidillon et petite route goudronnée que nous avons fait sous une bonne petite pluie, histoire de tester l'étanchéité des ponchos (ça va de ce côté là!). Un vrai chemin de croix ! En effet, l'itinéraire est jalonné de Montégut à Golinhac d'une vingtaine de croix ayant chacune leur histoire (intéressante au demeurant), assortie à chaque fois d'anecdotes et de textes, comme celui-ci d'Amans-Alexis Monteil tout à fait de circonstance : "Qu'est-ce donc qui peut faire sortir tant de personnes de leurs foyers pour leur faire parcourir des régions lointaines, qu'importe les dangers, les temps ou les saisons ? Je crois que la dévotion y est pour beaucoup ; mais je crois que le goût des aventures y est pour beaucoup aussi, et que le plaisir de les raconter y est pour beaucoup plus".



Quand nous avons enfin atteint vers 18 heures 30 l'Auberge "La Bastide d'Olt" à Golinhac (qui est, soit dit en passant, à 1370 km de Saint-Jacques de Compostelle), nous étions dans l'état d'esprit du voyageur égaré dans le désert, qui atteint une oasis, ou du naufragé qui pose le pied sur une île même déserte.

"Remise en condition de l'homme et du matériel" ce soir : douche, excellent dîner sur place arrosé d'une petite bouteille d'AOC Estaing, cuvée prestige 2011 (une découverte), lavage du linge, massage du dos et des articulations et surtout sommeil réparateur, mais comme on vous aime, on ne manque pas, malgré la fatigue, de mettre en ligne avant l'extinction des feux, notre page quotidienne. Bonne nuit !










5 commentaires:

  1. Merci de donner, de partager le contenu de vos récits quotidiens, seulement comme on est gourmands,
    Alain et moi attendons le lendemain soir avec impatience, le meilleur moment qui occupe une partie de nos soirées actuelles: "vous lire!"

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  2. Une bise accompagnée de pensées pour ce beau périple. Merci pour le blog, çà donne envie ! A bientôt. Seb' de Bamak'

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  3. Cher naufragé sur une île déserte, cher voyageur égaré dans le désert, (à chacun de vous de vous répartir les rôles)
    Bon sommeil réparateur et je vous souhaite un peu moins de pluie et de grimpette demain.
    Lucile

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  4. Quel courage ! Nous aussi on vous aime .Prenez soin de vous

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