Après l'étape ravitaillement et classique coup d'oeil sur l'église, à Nasbinals, la commune la plus proche, nous nous sommes élancés pour un parcours "vert" pour faire écho à la classification chère aux stations de sport d'hiver : pas de grandes difficultés, peu de montées, beaucoup de descentes avec parfois tout de même un risque de chute dans les layons caillouteux (j'en ai fait l'expérience, heureusement seuls le sac à dos et la polaire ont eu à souffrir de la rencontre avec le fil barbelé !).
Ceci incite à un petit développement sur le choix des chaussures pour emprunter les chemins de Compostelle : certes pas besoin de gros "croquenaux" de montagne, mais il est bon que les chevilles soient tenues en cas de chute et que les semelles soient suffisamment épaisses pour amortir les cailloux sous la plante des pieds.
Par cette matinée nuageuse, l'Aubrac (région) a pris un faux air d'Irlande ou d'Ecosse. Le paysage n'en avait pas moins de charme. Le ciel s'est dégagé à hauteur d'Aubrac (le bourg) alors que nous pénétrions dans un nouveau département, le troisième depuis le départ, l'Aveyron, et retrouvions des bois de feuillus virant au jaune automnal.
Le pèlerin est salué à son arrivée à Aubrac par une sentence qui mérite d'être méditée : "dans le silence et la solitude, on n'entend plus que l'essentiel". Le village situé à 1307 mètres d'altitude (on a du mal à le croire, au moins à la belle saison) a été créé autour d'une "domerie", qui avait pour objet d'assurer gîte et sécurité aux pèlerins traversant cette vaste zone déshéritée et peu hospitalière.
La descente sur Saint-Chély d'Aubrac a donné lieu à une orgie de mûres. Nous avions pris un peu d'avance par rapport à l'horaire moyen d'arrivée habituel et avions tout notre temps pour grappiller ici et là des fruits à maturité parfaite.
Le "chemin" est toujours l'occasion de nouvelles rencontres sympathiques. Nous ne sommes pas encore tombés sur un raseur, bien au contraire. Les gens se saluent d'un signe, échangent quelques mots, voire font un bout de chemin ensemble, et se retrouvent parfois à l'étape suivante pour échanger leurs impressions ou prolonger une discussion.
L'étape n'a fait "que" 21 km (27086 pas...), mais c'était bien suffisant et l'installation à l'Hôtel des voyageurs dès 15 heures 30 a permis de prendre le repos nécessaire pour bien profiter du dîner à base de tripoux (paupiettes de panse de brebis et de veau cuisinées dans un savoureux bouillon de légumes ), spécialité de l'hôtel qui exploite aussi une conserverie dédiée entre autres... aux tripoux. Voilà de quoi saliver !

















Magnifique parcours gastronomique entre l'aligot, les tripoux, les fromages et autres charcuteries! Jean Marc
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