En cours de route, au hameau du Soulié, une petite communauté met à la disposition des pèlerins comme à L'Estrade, des thermos de café, de thé et même des biscuits sous un auvent décoré à la népalaise (drapeaux de prière colorés). Une chapelle a été curieusement aménagée dans un préfabriqué.
Le jeune couple tenant la petite épicerie d'Espeyrac s'est épanché de façon très détendue, tout en nous servant. Leurs propos recoupent ce qui nous a été dit à différentes reprises. La clientèle de passage en juillet-août est insupportable. Ce sont de "faux pèlerins" encore stressés par leur travail, méprisants (tout leur est dû, ils se comportent en pays conquis), peu respectueux de l'environnement et pressés. Quant aux gens du pays, ils seront les premiers à se lamenter quand le commerce fermera, mais ils ne représentent qu'un infime pourcentage (1 pour cent ?) du chiffre d'affaire de l'épicerie, préférant faire plusieurs dizaines de kilomètres en voiture pour s'approvisionner dans les grandes surfaces. Les intéressés ont reconnu que le fait qu'ils n'étaient pas du pays ne les aidait pas...
Après une pause déjeuner, attablés sur une placette déserte du village, nous avons poursuivi jusqu'à Conques. Le sentier est nettement plus pentu, surtout au-delà du petit village bien paisible de Sénergues (506 m), caractéristique dans le paysage avec son château et sa tour crénelée.
L'arrivée sur Conques est magique : pas la descente en elle-même dans un interminable raidillon caillouteux et glissant, mais la vision que l'on a du petit bourg de 286 habitants, étape emblématique sur le chemin de Compostelle en raison de sa splendide église abbatiale et du culte voué à Sainte-Foy.
Fourbus, mais heureux de revoir pour l'un, découvrir pour l'autre, ce site exceptionnel (à éviter en pleine saison touristique), nous nous sommes d'abord précipités sur... une crêpe au miel et amandes et un litre de cidre pour nous remettre de nos fatigues, avant de nous attarder une première fois sur l'extraordinaire tympan du portail de l'église abbatiale Sainte-Foy et de nous installer dans un petit hôtel du centre ville, le Saint-Jacques (!), n'ayant pas trouvé de chambre à l'abbaye.
La pesée des âmes
Un élan de spiritualité nous a conduits à assister aux vêpres et, après le dîner, aux complies, avec une quarantaine de pèlerins dont la moitié ont déclaré poursuivre demain "le chemin". Un prémontré qui n'a pas manqué de souligner qu'il n'était "pas un moine", a présenté ensuite de manière très vivante les 124 personnages sculptés composant le tympan. Pendant un concert d'orgue où se mêlaient le sacré et le prophane (rain and tears, le pénitencier !), le public a pu accéder aux tribunes qui courent au dessus de la nef et du choeur, découvrant ainsi de près les célèbres chapiteaux de Conques, de pures merveilles... Un moment de grande émotion !



























les clairs obscurs se dévoilent à la surface des chapiteaux photographiés: " bien vu! "
RépondreSupprimervos captures visuelles valorisent vos talents photographiques et le numérique authentifie la réalité.
nos yeux sont conquis par vos clichés
et on vous souhaite d’apprécier encore de beaux horizons pour demain
Marie-José et Alain
Chaque matin, la lecture de ces pages à la belle écriture, agrémentées de si belles photos, et la découverte de sublimes villages inconnus , me donne une belle énergie pour la journée. MERCI (le mot est faible) pour ce que vous partagez.
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