Le problème est que les prévisions les plus pessimistes ont été apparemment très largement en deçà de la réalité !!! La pluie, avec des degrés d'intensité variable mais le plus souvent forte, ne nous a guère lâchés et quand, par hasard, elle semblait s'atténuer, un vent glacial, lui, se mettait à souffler en rafale. L'eau ruisselait de partout. Les sentiers étaient transformés en petits torrents et étaient de véritables bourbiers. A ce régime, nos chaussures, nos chaussettes et nos pantalons furent vites détrempés... Bien souvent, la visibilité était réduite et les marcheurs progressaient dans un environnement cotonneux.
Dès le départ, Olivier et moi avons progressé chacun à son rythme. On passe progressivement de l'altitude 200 m, à Saint-Jean-Pied-de-Port, à celle de 500 m, 4,5 km plus loin au café Huntto, à celle de 810 m au refuge-auberge d'Orisson à 8 km de Saint-Jean-Pied-de-Port, atteint dès 9h45.
Apres être passé à hauteur d'une statue dite de la Vierge de Biakorri à 1095m et une croix dédié à un certain Thibaut, j'ai atteint le col de Bentarte à 1337 m à midi. J'imaginais benoîtement qu'il y aurait un refuge pour faire la pause. Que nenni ! Une simple pierre annonce l'entrée en Navarre et donc en Espagne...
J'étais condamné à une fuite en avant, car il n'était pas question de se séparer du poncho le temps d'accéder au contenu du sac, encore moins d'envisager un pique-nique, car la pluie ne désarmait pas ! Heureusement, un abri d'urgence était ouvert un peu plus loin, et nombre de marcheurs s'y pressaient pour manger leurs sandwichs debout, sur le pouce.
Le point culminant, le lieu-dit Lepoeder (1420 m) marque côté espagnol le Km 0. Depuis Saint-Jean-Pied-de-Port, cela représente une dénivelée ascendante de plus de 1200 m, effectuée dans des conditions épiques...
Puis commence la descente vers Roncevaux au milieu d'une forêt de hêtres.
Observation mutuelle
Toute la difficulté a consisté à éviter de se tordre les pieds en marchant sur les cailloux, de buter sur les racines et de renouveler l'exploit de la Nouvelle-Zélande en glissant sur la boue. À deux kilomètres de l'arrivée, un rayon de soleil a fait une apparition que je me suis empressé d'immortaliser.
"Le" rayon de soleil !
Bien m'en a pris, car elle a été très furtive. J'ai finalement atteint Orreaga/Roncesvalles (Roncevaux) à 14h15 avec soulagement (Orreaga est le nom en basque)
La cité est encore à 950 m d'altitude. Elle honore bien sûr Roland mort le 15 août 778, et ses compagnons. J'ai pu voir sa collégiale de l'extérieur.
J'ai attendu longuement Olivier. Nous avons fini par nous retrouver et, à ma grande surprise, il m'a annoncé qu'il avait "atteint ses limites" et jetait l'éponge... Un bus partait pour Bayonne quelques minutes plus tard. Il ira récupérer la voiture laissée en pension chez une amie près de Tarbes et viendra me chercher dans quelques jours.
Je me retrouve donc de nouveau seul à poursuivre le chemin pour les derniers jours restant à courir. Comme apparemment, il était difficile de trouver un hébergement sur place, compte tenu du nombre de marcheurs, j'ai décidé sans attendre de pousser jusqu'à la commune suivante, Burguete/Auritz, à 3 kilomètres (à 895 m d'altitude), au Km 12 depuis Lepoeder. Ce faisant, comme le GR 65 s'arrête à Roncevaux, j'ai fait mes premiers kilomètres sur le fameux Camino francès...
Comme il était déjà plus de 16h00, que je commençais à "en avoir plein les bottes", qu'un crachin perdurait et que j'avais déjà buté sur deux portes closes (un petit hôtel et un gîte fermés), je me suis rabattu sur la première "casa rural" ("landa etxea" en basque) appelée Pedroarena, que j'ai trouvée, qui a le mérite d'avoir tout le confort, d'être calme et... chauffée, de sorte que toute les affaires mouillées, y compris le linge lavé en arrivant, sont déjà sèches !
Croix dédiée à Roland entre Roncevaux et Burguete

















Quelle épopée! Avec cette météo c est un véritable exploit.Bravo bravo.C est une journée mémorable qui restera comme un de vos meilleurs souvenirs plus tard lorsque la fatigue ne sera plus là. Bon courage au pèlerin solitaire....Bises .Elisabeth (Babeth )
RépondreSupprimerQuelle épopée! Avec cette météo c est un véritable exploit.Bravo bravo.C est une journée mémorable qui restera comme un de vos meilleurs souvenirs plus tard lorsque la fatigue ne sera plus là. Bon courage au pèlerin solitaire....Bises .Elisabeth (Babeth )
RépondreSupprimerBonjour aux courageux marcheurs,
RépondreSupprimerBravo à Olivier et bonne chance à Christian pour les derniers jours !
Magalie, Laurent and co.
Bravo à tous les deux ! Et déçue pour Olivier qui ne peut continuer ....
RépondreSupprimerJe souhaite une meilleure météo et du courage au marcheur solitaire.
Bises
Annouk
félicitations pour votre ténacité, malgré la beauté des paysages cela demande une énergie monumentale. bonne suite de route Christian,et encore merci pour ces belles pages. bises
RépondreSupprimerMartine
Haut les cœurs ! Vous avez avancé sur le chemin et vous poursuivrez envers et contre tout, maintenant ou plus tard. Au repos et au sec pour l'instant avec une courte récupération pour l'un et une plus longue pour l'autre.
RépondreSupprimerToute mon admiration à vous deux.