vendredi 8 septembre 2017

vendredi 8 septembre 2017 : Lichos/Juxue (25 km, cumul 194 km) (34 116 pas)

Nous avons quitté nos hôtes vers 8h45, munis d'un solide casse-croûte, car nous avions été prévenus que nous ne trouverions rien d'ouvert sur notre route tout au long de la matinée.



De fait, nous n'avons vu aucun commerce, ni à Aroue à 4 km de Lichos, ni dans la commune voisine de Etcharry. Puis, on traverse un grand désert vert, jalonné de fermes et de hameaux.

   Château Oihenartia à Etcharry

    Panneau insolite au sortir d'Etcharry
   De là à penser que les pèlerins sont des vrais gamins...


   Chaque kilomètre parcouru nous rapproche du but final...

   Les maïs sont toujours là (vous remarquerez l'ombre allongée preuve d'un départ matinal !)

   Graminées sur le chemin

Peu avant 11h00, nous avons atteint la petite chapelle Saint Just d'Olhaïby, à 9,5 km de notre point de départ. Elle est située un peu à l'écart de notre chemin. Elle est caractérisée par un petit clocher-porche. Ses murs ont été passés à la chaux et auraient bien besoin d'un petit coup de neuf. Elle est perdue dans la nature, mais le petit cimetière attenant est encore en service. Malheureusement, sa porte était hermétiquement close et rien n'indiquait où nous pourrions nous procurer la clef.




Nous avons cheminé toute la journée dans ce qu'on appelle le piemont pyrénéen. Or dans "piémont", il y a "mont", c'est dire que nous n'avons cessé de marcher "par monts et par vaux", de descendre et monter par des petits chemins serpentant au milieu des forêts, des pâturages et... des champs de maïs. Très bucolique, mais effectivement assez désert !



La faim et la fatigue ont eu raison de nous sur le coup de 12h45 et nous n'avons eu d'autre ressource que de faire la pause casse-croûte, assis à même le sol, dans un chemin creux, avec, il est vrai, la perspective de parvenir au seul établissement ouvert sur notre route, un bar baptisé L'Escargot mais encore distant de trois kilomètres, à Uhart-Mixe, une commune comptant un peu plus de deux cents habitants, des Uhartears. 

   Déjeuner sur l'herbe... du chemin (trop épuisés pour aller chercher ailleurs !)

Nous l'avons atteinte vers 13h45 avec soulagement. La commune fait partie du pays de Mixe, dans la province basque de Basse-Navarre. Elle est située au confluent de la Bidouze et d'un de ses affluents.

   Sur un mur d'Uhart-Mixe

Nous y avons fait une deuxième pause, cette fois confortablement assis devant un panaché et une tranche de gâteau basque, complément alimentaire qui s'est révélé très judicieux, car une pente raide et interminable nous attendait pour sortir du bourg.

À Harembeltz, même déception que le matin à Olhaïby ! La petite église Saint-Nicolas du XIIème siècle, dont la visite est pourtant recommandée aux pèlerins, était fermée. Surplombée par un clocher-mur à deux cloches, elle a la particularité d'être la propriété des descendants de quatre habitants qui s'étaient unis pour la racheter, comme bien national, à la Révolution. 




Nous avons poursuivi notre route. C'est le moment (milieu d'après-midi) où la démarche guillerette du matin se mue peu à peu en pas traînant. Nous n'apprécions plus de la même façon la beauté des paysages qui défilent, alors même que nous marchons en plus, en plein soleil.

    Ostabat au loin

Avant d'atteindre Ostabat, nous avons quitté le chemin pour rejoindre la ferme Arlania, notre maison d'hôtes située sur la commune de Juxue. Celle-ci compte un peu plus de 200 habitants, vit de l'agriculture et fait partie du pays d'Ostabarret, toujours dans la province basque de Basse-Navarre. Elle est tenue par Laurencia Etchelet et Tote Curutchet, deux Jutsitars (gentilé des habitants de Juxue) et se livre à l'élevage de bovins et de brebis et à la culture du maïs. Ce sont les parents, Paul et Gaxuxa, qui gèrent le gîte et assurent la prise en charge des pèlerins. Ils ont eu quatre enfants. Deux filles et un gendre ont repris l'exploitation. Ils parlent basque entre eux et avec leurs enfants, mais français avec un gendre béarnais et les pèlerins ! Dotée d'une forte personnalité, Gaxuxa est restée militante dans l'âme. Truculente, enthousiaste et très attachante, elle est une bonne ambassadrice des Basques. Quant à Paul, plus réservé (car moins à l'aise en français) mais plein de douceur, il porte en toute circonstance le fameux béret...

Au cours du dîner encore très copieux, partagé avec un couple de marcheurs ardennais, nous avons beaucoup appris sur les vagues de migrations de Basques vers les Amériques, notamment vers l'Argentine, mais aussi vers la Californie, lorsque celle-ci recrutait des bergers. Paul lui-même y est allé avant de rentrer au pays au début des années 60, mais un de ses frères y est resté. L'enseignement en basque connaît depuis quelques années un regain très net d'intérêt.


   En orange, les étapes du chemin parcouru en 2013, en vert, celles du chemin parcouru à ce jour en 2017, et en rouge, les étapes qu'il nous reste à atteindre cette année.

3 commentaires:

  1. Carte très parlante. Je vous souhaite de poursuivre avec le moins de pluie possible ce qui vous agréera dans votre marche et ne privera pas vos lecteurs des photos des demeures, fermes, plantes et panneaux pittoresques ou hôtes truculents rencontrés en chemin. Lucile

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  2. Tous les matins, mon plaisir est d'ouvrir mon ordi pour vous suivre ( de près):-).
    Une merveille de descriptions et de photos de cette région aimée "chauvinement" de ses habitants. Hélas, le temps se dégrade, le paysage n'est pas vert pour rien....... Bon courage à tous les 2. Marie-France.

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  3. Admiration !!!!!!
    Annouk

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