On peut être une "casa rural" et avoir le sens des affaires. Pour la première fois depuis le départ, je me suis vu facturer un supplément pour le petit-déjeuner pour avoir voulu un peu plus de café. Une "étoile" de moins sur TripAdvisor...
Quand j'ai rejoint le camino sur le coup de 8h00, des bataillons de pèlerins partis de bon matin de Roncevaux, défilaient déjà en rang serré dans la rue principale de Burguete.
Au sortir de Burghete
J'ai constaté que, fort heureusement, les rangs s'éclaircissaient tout au long de la matinée, au fur et à mesure où le chemin passait devant une panaderia, un supermercato et un bar...
Reste le problème des Espagnols et surtout des Espagnoles. Tout laisse à penser que la batterie a été mise en charge toute la nuit et qu'au départ du chemin, on met sur "on" et le moulin à paroles se met en marche. Sans le mode "pause", bien sûr. On les entend de loin et c'est franchement saoulant !
J'aurais aimé passer un peu plus de temps à Burguete, une commune d'un peu plus de 300 habitants. Ses manoirs datant du XVIè au XVIIIè siècle, son habitat typique ont un certain charme.
Maison typique à Burghete
La cité fait partie de la zone bascophone de la Navarre, là où la langue basque est coofficielle avec l'espagnol. Pour la petite histoire, il a existé jusqu'au moins le début du xxe siècle une procession expiatoire annuelle, en souvenir de la mort de Roland, dans le vallon proche de Roncevaux. Les paysans des environs se réunissaient et, le visage caché d'une cagoule, formaient une procession en portant de lourdes croix sur le dos pour "apaiser l'âme plaintive du héros dont on entend quelquefois sonner le cor dans l'écho des montagnes" (extrait de la publication hebdomadaire "Soleil du Dimanche" n°30 du 23 juillet 1905). Mais le temps ne se prêtait pas à prolonger le séjour...
Toute la matinée, en effet, le soleil a mené un combat inégal avec les nuages et la pluie, tentant des percées, mais l'avantage est resté à un petit crachin obsédant et à une humidité prégnante en sous-bois. Ne serait-ce qu'entre hier et aujourd'hui, le poncho, qui n'avait servi que deux fois lors des trois semaines de pérégrinations en 2013, aura été amplement amorti ! En fait, je ne l'ai quitté qu'après la pause du déjeuner pour les cinq derniers kilomètres...
J'ai regretté d'autant plus les conditions météorologiques que l'itinéraire d'aujourd'hui était bucolique et diversifié à souhait avec des petits sentiers et chemins charmants, bordés souvent de buis et de mûriers. J'imaginais faire le même parcours en chemisette, comme au début du chemin dans le Gers, et non avec polaire et poncho.
Il y a différents moyens de franchissement des cours d'eau
Les marcheurs ont été dépassés à plusieurs reprises par des pèlerins cyclistes. J'ai une pensée particulière pour eux, car les pistes caillouteuses et pentues ne sont pas faciles, sans compter les escaliers !
Espinal (Aurizberri en basque) à 3,7 km de Burghete est la première localité. Comptant moins de 300 habitants, le village est inclus dans la commune de Erro, dans la Communauté forale de Navarre. Le bourg fut fondé en 1269 par Teobaldo II (Thibaud II de Navarre) « afin que les pieux rouvieux aient entre les deux villages de Roncevaux et Viscarret, un autre où se recueillir, et qui soit comme une sentinelle contre les attaques qui se perpétuent souvent dans ces lieux déserts. » Espinal qui aligne des portes armoriées le long de sa grand-rue, est la ville natale de Lénine Escudero.
La meilleure amie du marcheur, la balise qui le rassure...
... parfois complétée par des moyens de fortune !
Au prix d'une petite côte, le pèlerin atteint le Alto de Mesquiriz à 922 mètres d'altitude, avant de redescendre jusqu'à Viscarret (Bizkarreta-Gerendiain) à environ 8 km de Burghete. Son église San Saturnino (Saint-Sernin) du XIIIe siècle était malheureusement fermée, une fois de plus. Cette succession d'édifices du culte fermés sur le camino francès est une grosse déception, alors qu'il serait simple d'indiquer comment se procurer la clef.
En chemin, je suis tombé sous le charme d'un vieux cimetière perdu dans la nature et envahi par les herbes.
Deux kilomètres plus loin, le marcheur arrive à Linzoáin (Lintzoain). Là l'attend la seule réelle difficulté du parcours, une montée raide jusqu'au sommet du Carrovide (909 m), histoire de tester sa résistance après l'épreuve des Pyrénées.
La descente vers Zubiri via Puerto de Erro (801 m) est rendue périlleuse car non seulement on peut s'y tordre les pieds, mais par un temps comme aujourd'hui glisser sur le sol boueux et les pierres mouillées.
J'ai fait la pause sandwich à Zubiri, à 12h45, après plus de 18 km de marche, à côté du vieux pont qui enjambe le Rio Arga.
Le camino prend ensuite le cours de la rivière comme main courante, passe devant une vieille église fortifiee (fermée) à Eskirotz, avant d'atteindre Larrasoaña, un village de la commune d'Esteribar, situé à 495 mètres seulement d'altitude.
À deux kilomètres de l'arrivée, j'ai été rejoint par trois compagnons de route rencontrés à différentes étapes depuis Montreal-du-Gers, Dominique, Philippe et Christian qui ont décidé de s'installer dans le gîte où j'avais pris soin de faire une réservation pour ne pas errer en ville en y arrivant. Nous sommes arrivés à bon port vers 14h45. Comme on n'échappe pas à son destin, il s'agit de l'albergue San Nícolás...
Les permanents que rien ne semble perturber !
























Trop de pèlerins plus ou moins respectueux de l environnement et des sites ont rendu les espagnols méfiants. ..Bonne continuation...dans le calme si possible!!!Bises.Elisabeth (Babeth)
RépondreSupprimer