Notre "carnet du pèlerin" ("credential del peregrino") s'est enrichi ce soir d'un septième coup de tampon ! Déjà une semaine ! Comme les précédents, il sanctionne l'effort du jour...
Nous avons pris congé de Jean-François et Evelyne, autrement dit Jeff et Lily, nos hôtes de la Maison du Grillon, vers 8h45, un peu en retard sur l'horaire habituel...
Nous nous sommes retrouvés tout de suite en pleine nature. "Dans tes verts pâturages, Tu m'as fait reposer"... cette phrase d'un cantique de mon enfance m'est venue à l'esprit tandis qu'au sortir de Sauvelade, nous entrions dans une zone de pâture particulièrement verte et calme. Mais là, pas question de repos ! Toute la première partie du parcours jusqu'à Meritein est une succession de collines, des vraies montagnes russes. Pas de période d'échauffement...
Là encore, l'itinéraire emprunte des petites routes goudronnées, peu fréquentées, passe devant quelques belles fermes et parvient à une première zone forestière.
Ça et là, on sent en cheminant que l'équation "pèlerin" est prise en compte avec soin dans le département grâce à l'action d'une association locale. Des petites aires de repos sont aménagées. Des plantations d'arbres fruitiers correspondant à des essences anciennes jalonnent l'itinéraire "à l'intention des pèlerins" (les arbres sont hélas encore trop jeunes pour que nous en profitions !). Le balisage est complété par des indications utiles et encourageantes sur le temps de marche jusqu'à l'étape suivante.
Meritein, à environ 12 km de Sauvelade, était au Moyen-Age un bourg d'une quarantaine d'oustaüs (maisons), connu des pèlerins car c'était un des passages par bac sur le gave d'Oloron. L'histoire de la cité a toujours été très liée à celle de sa voisine, Navarrenx. Elle ne présente guère d'intérêt aujourd'hui.
Cité fortifiée un siècle avant Vauban, Navarrenx conserve un ensemble remarquable de ramparts, pointes et contrepointes, lunes et demi-lunes et fossés profonds. Ce fut une des places de sûreté des huguenots. Elle mérite une visite d'au moins une demi-journée si on veut avoir un aperçu assez complet de son riche patrimoine. Nous avons eu la chance de bénéficier d'un "accueil pèlerins" à l'église Saint-Germain en la personne d'un laïc bénévole Jean-Baptiste, qui nous a donné quelques explications sur l'histoire de l'édifice et a allumé pour nous la nef et le choeur, dont nous avons pu apprécier la richesse des peintures décorant les murs.
Chemin faisant, nous avons vu en ville la Fontaine militaire, l'Arsenal et la maison de Jeanne d'Albret (qui avait visiblement un important patrimoine immobilier dans le sud-ouest).
Le cadre étant accueillant, nous nous sommes accordés un vrai temps de repos en déjeunant à la terrasse d'un restaurant en face de l'Hôtel de Ville et nous ne sommes repartis que vers 13h45, alors que nous avions encore quinze bons kilomètres à parcourir.
Nous avons franchi le gave d'Oloron au sortir de la ville, avons dépassé sur l'autre rive la commune de Castetnau-Camblong avant de retrouver la campagne et bien sûr quelques champs de maïs, mais surtout une très importante zone boisée bien agréable après les étendues un peu monotones de ces derniers jours.
Dans le lointain, l'objectif pyrénéen se rapproche imperceptiblement...
Le franchissement du cours d'eau baptisé la Saison marque la frontière entre le Béarn et le Pays basque ou Euskadi. Il ne nous restait environ que deux kilomètres à parcourir pour atteindre notre maison d'hôte à Lichos, mais ce sont toujours les derniers kilomètres, les plus difficiles.
Nos fidèles lecteurs auront sans doute noté que le nombre de pas fluctuait, alors que les distances étaient sensiblement les mêmes. Explications : le podomètre n'est peut-être pas un instrument rigoureux ; le calcul est établi de gîte à gîte ; si nous marchons d'un "bon pas" en plaine, il est beaucoup plus petit, dès que nous gravissons une pente !
Nous avons fait la connaissance d'Emile et Marie, nos hôtes, peu avant 17h00. La bière que Marie nous a proposé immédiatement, a été accueillie avec reconnaissance et, n'ayons pas peur des mots, une certaine volupté. Nous avons retrouvé trois marcheurs rencontrés au cours des étapes précédentes, de sorte que nous nous sommes tout de suite trouvés en pays de connaissance.
Même si, par certains côtés, nous avons l'impression de vivre sur une autre planète, loin de l'agitation politique et sociale, voire de certains faits divers, nous suivons à travers la presse en ligne la tragédie que vivent depuis vingt-quatre heures les populations des îles Saint-Martin et Saint-Barthelemy touchées par le plus grave cyclone jamais enregistré.


























Toujours aussi passionnant votre reportage.Vos pieds ont pris le bon rythme.Continuez à nous envoyer du grand air,du soleil et de verts pâturages.Il faudra bientôt la carte routière en espagnol...Amitiés .Bises . Elisabeth(Babeth)
RépondreSupprimerque de richesses sur votre chemin ...... autres que sonnantes et trébuchantes, bien sûr !
RépondreSupprimerMerci de les partager avec nous
Annouk