mercredi 6 septembre 2017

mercredi 6 septembre 2017 : Pomps/Sauvalagne (28 km, cumul 142 km) (36 646 pas)

Et au sixième jour, ils sortirent les ponchos ! 


Heureusement, le petit crachin qui a salué notre départ de Pomps, n'a pas duré et nous avons pu remettre rapidement (au bout d'une heure de marche) les ponchos dans leurs housses. En général, en quittant tranquillement les gîtes à 8h30, nous sommes bons derniers, mais rattrapons et même souvent dépassons tôt ou tard nos compagnons de route.


Tout au long de la journée, nous avons profité de beaux cheminements sous des couverts,  mais avons dû encore arpenter beaucoup de macadam. Nous avons encore eu une bonne dose de maïs, mais nous avons pu admirer quelques belles demeures et fermes classées.





   Cette belle demeure est en fait à l'abandon ! Triste !

Une bonne côte permet d'atteindre un premier village, Castillon, à 4,3 km de Pomps. Un peu plus loin, la chapelle de Caubin était un hospice de l'ordre de Malte dans les années 1100. Détruite à la Révolution, elle a été magnifiquement restaurée. Elle conserve un étonnant gisant d'un chevalier de Malte avec épée et cotte de mailles.




À 5 km de Castillon, Arthez-de-Bearn est perchée à 208m sur un promontoire dominant le gave de Pau. La bourgade s'étire à n'en plus finir sur la ligne de crête. Les édifices religieux y étaient nombreux avant les guerres de religion. On mesure combien dans tout ce sud-ouest les guerres de religion ont été aussi dévastatrices pour le patrimoine architectural que la Premiere Guerre mondiale dans les secteurs du Front. La cité conserve pas mal d'anciennes fontaines publiques, des "houn" en béarnais (houn de Caubin, houn dou Hau, houn de Cagareigt,  houn Grosse, houn d'Arget, houn de Cantina, houn de Pau, houn dous Cagots). Ayant déjà plusieurs côtes dans les jambes et parcouru plus de 9 kilomètres, nous nous sommes accordé une première pause à l'un des cafés sur la place centrale du bourg, avant de mettre le cap sur Argagnon. 

   Le Pays basque n'est pas loin...

   Encore un petit effort !

   Des habitants accueillants

Nous n'avons pas trouvé d'endroit aménagé dans cette localité pour déjeuner et nous sommes contentés du porche de l'église et de son banc pour pique-niquer grâce aux quelques courses alimentaires faites à Arthez. Apparemment, c'est le lieu de prédilection des pèlerins en mal d'abri pour déjeuner.

L'itinéraire longe ensuite le gave de Pau et traverse de nouvelles étendues plates et monotones, ensemencées en maïs. 

   Le gave de Pau

   Les étapes se suivent et se ressemblent parfois...

Le marcheur mange alors son pain blanc. Le chemin de Guirault-Naule, une côte à plus de 8 o/o sur près d'un kilomètre, heureusement ombragée, l'attend. Rien de tel pour couper les jambes à quatre kilomètres de l'arrivée.

L'itinéraire domine à un moment donné le site de Lacq où fut découvert en 1949 un important gisement de gaz aujourd'hui finissant, mais qui a contribué à l'industrialisation du secteur.


Après une telle épreuve, le marcheur met le pilote automatique...  Le tronçon final est bucolique. Le marcheur franchit un vieux pont romain et arrive directement après avoir traversé un petit bois de... bambous à l'éco-gîte Oustau Grig Café, notre objectif pour ce soir à proximité de l'ancienne abbaye de Sauvelade.

   Le pont romain

Tout au long de la journée, nous avons traversé des villages et des hameaux confiés à la garde des chiens, d'odieux petits clébards agressifs qui saluent le passage des marcheurs par un concert d'aboiements. Mais en dehors de "chien méchant" et de "clôture électrique", j'ai noté qu'il y avait un panneau tout aussi dissuasif pour éviter les intrusions intempestives, "attention vipères" ! 


Après le rituel de la douche et de la lessive, nous avons trouvé le courage de faire encore six cents mètres pour aller voir de près l'église abbatiale Saint Jacques le Majeur, de Sauvelade. Le nom est la traduction du nom occitan Seuvalada qui signifie "la forêt étendue". La cérémonie d'affiliation de l'abbaye à l'ordre de Citeaux aurait eu lieu en janvier 1286. Le 10 août 1569, l'abbaye fut détruite par l'armée béarnaise protestante de Montgomery à la poursuite de l'armée catholique de Catherine de Médicis. Le monument actuel avec sa haute toiture conique, reconstruit probablement au début du XVIIIème siècle, n'a sans doute plus rien à voir avec le bâtiment d'origine. Pour autant, l'abbaye était bien une étape traditionnelle sur les chemins de Compostelle au départ du Puy-en-Velay, avec au nord, l'abbaye de Larreule et la chapelle de Caubin. Les pèlerins arrivaient au village de Lendresse au bord du gave de Pau qu'ils traversaient par un bac. De là, ils montaient le fameux chemin escarpé qui grimpe sur le coteau et atteignaient un sanctuaire renommé, la chapelle de Muret, dont nous n'avons pas trouvé trace.




Le dîner très animé autour de nos hôtes a illustré une fois de plus le côté international des chemins, puisque nous étions quatre Français, un Suisse allemand et un couple d'Allemands de Darmstadt...

   Pour accompagner le Juranson à l'apéritif.




2 commentaires:

  1. Coucous les marcheurs, on pense à vous et je viens de faire une petite partie de la route grâce à vos photos mais les ampoules aux pieds en moins. Toutes ces bonnes choses à manger doivent être bien appréciées après tous ces kilomètres. Bonne continuation! Bisous Dominique Rajo

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  2. Quelles belles photos et quel plaisir de vous lire !!

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