Dernière étape de la saison 2017 sur les chemins de Compostelle ! Quel soulagement ce matin de ne pas avoir à revêtir le poncho dès le départ et de pouvoir enlever la polaire peu après avoir quitté l'albergue !
Le jour se levait à peine quand, ayant laissé partir devant mes "coturnes", Dominique, Philippe et Christian, j'ai repris à mon tour, mon bâton de pèlerin. Les rues étaient pratiquement désertes.
L'église de Larrasoaña dans le matin blafard
Quelques marcheurs m'avaient précédé sur le vieux pont médiéval qui franchit le rio Arga en direction d'Akerreta, le premier village sur la hauteur à un peu plus d'un kilomètre de Larrasoaña (ce qui veut dire qu'on attaque d'emblée par une côte !).
J'ai en train de m'intéresser à l'église lorsque j'ai été rejoint par un jeune marcheur sympathique de Royan, Etienne. Nous avons fait ensemble tout le chemin jusqu'à Pamplona (Iruña en basque ou Pampelune en français), en papotant comme des Espagnoles, mais moins fort !
L'itinéraire longe souvent le rio Arga et le franchit plusieurs fois. Nous avons enchaîné des petits sentiers très différents, traversé des localités paisibles, Zuriain à 4,2 km de Larrasoaña, Irotz à 6,4 km, Zabaldika à 8 km et Arleta à 10 km.
Trois kilomètres plus loin encore, à Trinidad de Arre, un autre pont médiéval débouche directement sur une vieille église qui pour une fois était ouverte ! Un tampon est même mis à la disposition des pèlerins pour immortaliser leur passage en tamponnant leur "credential".
La traversée de Villava (Atarrabia) et Burlata est un peu longuette, mais nous a permis de faire une pause et de déguster chacun un bocadillo (petit sandwich), avant de découvrir quelques bâtiments d'architecture originale.
Par le plus grand des hasards, tout le petit groupe de mes coturnes, rencontrés tous en France lors des premières étapes, s'est retrouvé vers 11h30 sur le Puente de la Magdalena sur le rio Arga à quelques centaines de mètres de la forteresse de Pampelune.
Après une série de photos souvenirs, nous avons suivi l'itinéraire balisé qui passe au pied de la muraille, pénètre dans la vieille ville par la porte de France, emprunte des rues étroites et mène jusqu'à la plaza Consistorial et l'hôtel de ville construit à la jonction de trois quartiers. Sa façade est un mélange de baroque tardif et de style néo-classique.
L'hôtel de ville
J'ai pris alors congé de mes compagnons pour rejoindre Olivier arrivé en voiture en fin de matinée et qui m'avait donné rendez-vous sur la grande place de la vieille ville, la Plaza del Castillo. Elle doit son nom au château qui se trouvait jadis dans la rue Bajada de Javier.
Façade donnant sur la place
Même si la chambre à l'hôtel Castillo de Javier, Calle San Nicolas, n'était pas encore disponible, j'ai pu me délester rapidement de mon sac, de mes chaussures et de mon bâton. Ainsi prenait fin pour moi le périple 2017 sur les chemins de Compostelle.
À toute chose, malheur est bon. Olivier et moi avons pu consacrer à la découverte de la capitale de la Navarre, une ville qui compte près de 200 000 habitants, plus de temps que si elle avait été pour nous une simple étape sur le chemin de Compostelle et il faudra repartir de là, le moment venu.
Olivier et moi claudiquant avons donc arpenté la vieille ville en commençant par un coup d'œil sur l'église San Nicolas proche de l'hôtel, autrefois centre religieux du quartier médiéval éponyme. Église forteresse du XIIe siècle, elle mêle styles roman et gothique.
Autant certains axes sont très animés et très fréquentés par les touristes et les pèlerins, autant d'autres sont très calmes. On y découvre de belles maisons avec des porches anciens et des placettes ombragées.
Après un déjeuner dont le rapport qualité/prix défie toute concurrence en France (arrosé qui plus est du célèbre cidre local), nous nous sommes rendus à la cathédrale Santa Maria qui paradoxalement est un peu à l'écart des grands axes touristiques. Construite au XIVe et au XVe siècle à l'emplacement d'une église romane, c'est un magnifique édifice gothique dont la nef centrale s'élance à 26,8 m de hauteur. Sa façade en revanche est plus tardive, construite dans un style néo-classique. La nef accueille le sépulcre du roi de Navarre Charles III le Noble et de son épouse Léonore, superbe exemple de sculpture gothique en albâtre du XVe siècle. Les chapelles latérales recèlent des trésors inimaginables (des retables inouïs). Le cloître, l'ancien réfectoire et les cuisines attenantes méritent le coup d'œil. Nous n'avons malheureusement pas pu monter au sommet des clochers pour admirer la vue sur la ville, l'accès étant très réglementé et contingenté.




Nous avons également arpenté les remparts, prenant le temps de déguster au passage "una clara" (un panaché).
L'église San Lorenzo visitée un peu plus tard à une grande valeur sentimentale car elle abrite la chapelle Saint-Firmin, objet d'une vénération particulière. L'église accueille aussi (curieusement) depuis peu tout un espace où ont été regroupées des urnes funéraires !
De là, nous avons encore jeté un coup d'œil sur l'ancienne citadelle, construite entre 1571 et 1645, qui est aujourd'hui un vaste parc calme, limitrophe de la vieille ville. On a peine à croire que ce lieu fut celui de l'exécution de nombre de Républicains pendant la guerre civile espagnole (1936-1939). Pampelune avait d'emblée opté pour le camp franquiste et avait commencé par passer par les armes tous les élus de gauche du conseil municipal sans autre forme de procès...
Façade dans le quartier proche de la citadelle
Comme ce midi, nous avons dîné ce soir d'un "menu del dia" excellent dans un petit restaurant pour une somme plus que correcte (13€90) comprenant une entrée, un plat, un dessert, incluant une bouteille d'un très bon vin rouge de Navarre, du pain et de l'eau pétillante. En étant encore au restaurant à 21h30, j'imaginais mes anciens compagnons du chemin déjà couchés pour se préparer à l'étape du lendemain ! Inévitablement, je me retrouve ce soir un peu "orphelin du chemin", en sachant qu'il a pris fin pour moi. Quelques courbatures toutefois le rappellent à mon bon souvenir...
Comment mieux terminer (provisoirement) ce blog qu'en reprenant un texte que m'a envoyé ce matin Martine, une de mes amies d'enfance :
"Marcher, c'est s´offrir aux climats et aux énergies du lieu, qui nourrissent et inspirent votre esprit. La perfection du corps et de l´esprit est là. Que celui qui marche puisse prendre sur lui l'odeur et le parfum des arbres et des fleurs, comme une antilope ou un cerf
.
Marcher ainsi, c´est être au présent de notre nature originelle, qui est aussi partout répandue dans la nature, débarrassé du fatras social et mental.
Cest ainsi que celui qui marche vraiment se balade en quête de la Terre Sainte, jusqu´au jour où le soleil de l´illumination aura fait le tour dans son esprit et où il atteindra la Terre Sainte où il a toujours été"
(H.D. Thoreau).
À suivre....
Très beaux chemins espagnols et que de belles photos .Encore merci à vous deux d avoir partagé votre chemin.Vous avez bien marché cette année, vous continuerez l an prochain...Amitiés. Bises.Elisabeth (Babeth )
RépondreSupprimerIl va falloir patienter pour la suite du pèlerinage :(
RépondreSupprimerJe n'ai pas signé : Laurent !
RépondreSupprimerMerci de ce Merveilleux partage et a bientot pour la suite .... Mille amities
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