Après une bonne nuit et le retour du beau temps, la pleine forme est revenue et nous achevons ce soir notre deuxième semaine de marche (déjà, serais-je tenté d'écrire, pour montrer combien on perd sur "le chemin" toute relation au temps !), et ce, sans douleurs particulières (à part quelques courbatures sporadiques) et surtout sans ampoules aux pieds que nous continuons d'entourer de soins attentifs. Le "gel relaxant et rafraîchissant" concocté dans son officine par le pharmacien de Nasbinals, Jean-Claude Laures, continue de faire des miracles et le massage des pieds auquel nous avons eu droit ce matin par notre hôte, Roland Arenas, avant le départ, nous a permis de franchir sans encombres et à un bon rythme, les 27 kilomètres du parcours (soit 34 207 pas, selon le podomètre).
Le chemin entre Saint-Jean de Laur et Vaylats est en général large, bordé de murets de pierres sèches et ombragé.
Comme le lecteur attentif du blog aura pu s'en rendre compte, nous sommes "tombés en amour" (comme disent nos amis québécois) pour toutes les constructions en pierres sèches (cabanes, chibottes, caselles ou autres galinières etc) qui se dressent ici ou là dans les champs ou au coin des bois.
Un autre dolmen, à l'état plus sauvage qu'hier, s'est trouvé sur notre route, pour nous rappeler qu'en fait on dénombre dans le Quercy près de 600 sépultures gauloises.
Nous avons également renoué avec les rencontres fortuites que permet "le chemin" : une économiste française spécialiste du micro-crédit, Martin, un jeune routier suisse allemand parti pour trois mois, un Canadien de Toronto...
À Limogne-en-Quercy, nous sommes arrivés à l'heure où le marché dominical devant l'église battait son plein. Parmi les scènes les plus insolites pour un étranger, on retiendra la cuisson à la broche et au feu de bois des fameux gâteaux coniques. Nous avons pique-niqué sur un banc près de l'office du tourisme !
A l'actif de la journée, le sauvetage d'une vie, rien moins ! Une couleuvre de belle taille était en train d'étouffer au milieu du chemin un beau et gros lézard vert pour en faire son ordinaire, quand nous sommes arrivés à sa hauteur. Elle n'a pas demandé son reste et a disparu dans une anfractuosité du muret de pierres sèches. Groggy, le lézard s'est visiblement demandé s'il était mort ou vivant pendant quelques instants mis à profit pour le photographier, puis il s'est éloigné clopin-clopant. L'histoire ne dit pas si la couleuvre tapie dans l'ombre, ne lui a pas fait un sort après notre départ...
Nous avons été accueillis ce soir par Sylvie Corrieri, une artiste photographe, qui tient, avec son compagnon Christophe, maréchal-ferrant de son état, le café-galerie de Vaylats. C'est aussi un des charmes du "chemin" que de mettre le pèlerin qui choisit la formule des maisons d'hôtes, en contact avec une palette de personnalités d'une extrême variété.
















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