dimanche 13 octobre 2013

J 21 : Castelnau-sur-l'Auvignon / Montréal-du-Gers (28 km, cumul 518 km)

La troisième semaine s'achève. Paradoxalement, c'est le blog qui me sert de repère temporel et m'indique la date du jour. Je ne suis pas seul dans ce cas. Un pèlerin me disait tout à l'heure : "ah, on est dimanche ?" 

Côté distance, je m'étonne moi-même d'avoir franchi (à Condom aujourd'hui) le cap du 500ème kilomètre, plus du tiers de la distance entre Le Puy-en-Velay et Saint-Jacques-de-Compostelle ! La machine est rodée et je ressens nettement moins de douleurs que les premiers temps. J'accuse le soir une certaine fatigue, mais sans plus. Les dénivelés des vallons gersois n'ont certes rien à voir avec ceux du Massif central !

Nous sommes trois à avoir quitté "Les Arroucasses" à peu près au même moment, autour de 8 heures, Marina, la Milanaise, Alexis, le Stéphanois, et moi. Le beau temps étant de retour, le vent étant tombé, j'ai profité pleinement du spectacle du soleil se levant sur la campagne. On a un peu l'impression d'être le "maître du monde", quand on se promène seul dans le silence le plus absolu au moment où la nature s'éveille. Les quelques pêcheurs du lac de Bousquètara quasiment immobiles s'intégraient parfaitement dans cet ensemble.

   "Nous sommes partis de bon matin, avant le jour" (chant de marche militaire)

En un peu plus de deux heures, j'ai atteint Condom et visité sa fameuse cathédrale Saint-Pierre, élevée au début du XVème siècle sur l'emplacement d'une abbatiale du XIème siècle.








Le cloître attenant ne présenté guère d'intérêt et est équipé de guirlandes lumineuses qui ne contribuent pas à sa mise en valeur !

   Les quatre mousquetaires sur le parvis de la cathédrale. Gascogne oblige !

   Curieuse association au sortir de Condom

   La Baïse en quittant Condom

Le chemin réserve des surprises. Des marcheurs que l'on croit avoir définitivement perdu de vue, ressurgissent. Il en est ainsi à Condom de Martin, le Suisse allemand... Victime des pièges que le démon met sur la route d'un pèlerin, il avait bu la veille une demi-bouteille de Pastis et deux bières et progressait d'un pas lent et mal assuré...


Au prix d'un léger écart par rapport au GR 65 que je n'ai pas regretté, j'ai découvert un petit village fortifié étonnant, Larressingle


   L'église Saint-Sigismond (Roi des Burgondes du VIème siècle)

   "Église caractéristique de l'art roman avec son abside sémite- circulaire voûtée en cul-de-four et son     cordon de billettes qui court le long des murs à la base de la voûte..."


À moins de deux kilomètres de Larressingle, le Pont d'Artigues était déjà emprunté par les pèlerins dans les temps les plus reculés. Pique-niquer sur la margelle du pont (interdit à toute circulation de véhicules à moteur) fait partie des petits bonheurs simples de la journée.



La petite église Sainte-Maglène de Routgès, dédiée aussi à Saint-Louis, est érigée sur un mamelon entouré de vignes. Elle est émouvante de simplicité.





Je suis parvenu au terme de ma route du jour, Montréal-en-Gers, dès 15 heures 30. J'ai retrouvé dans le gîte "Compostela" tenu par Anita, une Allemande de Karlsruhe, des visages connus. Le chemin est un petit monde qui brasse les générations, les nationalités et les conditions sociales... 

Montréal-en-Gers a aussi une longue histoire. Bâti au Moyen-Âge, le bourg a bénéficié des chartes de coutumes féodales en 1255. Il a été ruiné par les Huguenots au XVIème siècle. Un petit tour en ville permet d'admirer une belle petite place bien fleurie, avec des arcades, devant l'Hôtel de Ville et de découvrir dans l'église un Christ très cocardier !


Quant aux édiles, ils bénéficient d'honneurs particuliers. Une plaque est apposée au fronton de leurs maisons... De quoi donner des idées à d'autres élu(e) en mal de reconnaissance...


 
Le chemin continue : le panneau qui m'attend demain au départ... La destination finale est à moins de 1000 km...


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