jeudi 10 octobre 2013

J 18 : Moissac / Auvillar (21 km, cumul 431 km)

Tout allait de travers au réveil ce matin. Il était clair qu'Olivier ne pouvait poursuivre "le chemin", car sa jambe le faisait souffrir dès qu'il marchait, et il bruinait... 

Le train pour Paris ne partant qu'à la mi-journée, nous avons consacré la matinée à visiter, à Moissac, l'extraordinaire église abbatiale Saint-Pierre et le cloître qui passe à juste titre pour "le plus beau au monde".

La légende forgée par les moines bénédictins mentionne une fondation royale de l'abbaye par Clovis au VIème siècle, mais la présence d'un couvent Saint-Pierre n'est attestée qu'à partir de l'époque carolingienne. Le mélange de styles de l'église, consacrée le 8 novembre 1063, s'explique par les transformations (élévation, envoûtement) apportées à la fin du XVème et au début du XVIème siècles pour en faire une église gothique de type languedocien à vaste nef unique. Ainsi, les parties basses romanes sont en pierre et les parties hautes gothiques, en brique. Le tympan est une pure merveille et l'intérieur conserve des œuvres d'art exceptionnelles. La sélection opérée parmi les nombreuses photos prises par Olivier ne donne qu'un pâle reflet de la richesse de la décoration de l'église (sculpture, statuaire).








Quant au cloître, les photos parlent d'elles-mêmes.



   Dernière photo prise par Olivier...

   Clin d'œil à la sculpture moderne 

La bruine a par chance cessé au moment d'aller récupérer les sacs à dos à l'hôtel et de rejoindre la gare où j'ai laissé à regret bien sûr Olivier, pour poursuivre seul "mon chemin".

Deux itinéraires s'offrant à moi au départ, j'avoue avoir choisi celui qui "ménageait la bête", en empruntant le chemin de halage le long du canal Tarn-Garonne, plutôt que celui qui grimpe inutilement par endroit sur la falaise. Il est certes un peu monotone, mais il a l'avantage d'être plat (enfin !). De plus, il offre des perspectives belles et apaisantes (quoi de plus tranquille qu'un canal !). Le marcheur côtoie hérons cendrés et colverts. Les bateaux naviguent en harmonie avec les lieux. J'ai constaté que je marchais à la même allure qu'une péniche et l'ai même dépassée à la première écluse. Là où le canal et la rivière s'écartent l'un de l'autre, des cultures se sont développées, beaucoup de maïs, mais aussi des vergers. J'ai pu ainsi me procurer un dessert à bon compte...




Un brin de nostalgie : toutes les écluses sont maintenant automatisées. Les portes et fenêtres des maisons d'éclusiers sont murées. C'est bien triste. Fini le temps où on pouvait échanger quelques mots avec l'éclusier et même se faire offrir un café ! 

Les deux variantes du GR 65 se réunissent à Pommevic, un village qui s'enorgueillit d'être situé entre les vallées de la Garonne et de la Barguelonne. Etymologiquement, il tire son nom d'une ancienne implantation gallo-romaine, pomérium vicus (village de pommiers). L'église Saint-Denis consacrée en 1052, conserve un très beau retable baroque en bois sculpté du XIIème siècle qui récompense de s'être un peu éloigné de l'itinéraire balisé !


On s'éloigne du canal et on traverse la Garonne pour accéder d'abord à Espalais, puis à Auvillar. La montée finale pour atteindre cette ancienne cité gallo-romaine et ancienne ville-marché dotée d'un port fluvial, située sur un promontoire qui domine la Garonne, est le seul véritable effort physique de la journée, indépendamment de la distance parcourue (21 kilomètres, soit 26 240 pas !).

   Auvillar

   La place de la halle d'Auvillar


J'ai élu domicile chez Gerhard et Marie-José Schneider-Ballouhey dans une vieille maison pleine de charme et qui est un vrai dédale de pièces, d'escaliers et de couloirs avec des poutres en bois partout.  Ma chambre donne précisément sur la belle halle circulaire. Mes hôtes franco-bavarois m'ont convié à dîner avec eux. J'ai dégusté un plat qui n'est peut-être pas typiquement régional (une choucroute), mais diablement bon (je fais référence au diable à cause de péché de gourmandise !)

1 commentaire:

  1. Christian
    quel force et courage pour poursuivre ce chemin seul , une pensée pour Olivier
    je pense qu'il est en lien avec toi même s'il n'est pas présent
    bonne route à toi, au plaisir de continuer à suivre ta belle aventure
    cordialement
    Anne

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