Nous avions prévu un premier "saut" de sept kilomètres pour atteindre Lauzerte, une cité médiévale perchée au sommet d'un "pech". Nous avons quitté l'ancien presbytère de Montlauzun vers 9 heures et demie pour rentrer presque aussitôt dans un nouveau département, le Tarn-et-Garonne, le cinquième, après la Haute-Loire, la Lozère, l'Aveyron et le Lot !
La photo souvenir au moment du départ avec nos hôtes et trois américaines
L'itinéraire traverse des contrées boisées ou cultivées, assez comparables à celles de la veille.
Olivier traînait le pied, se plaignant de douleur à un tibia. La descente abrupte vers Lauzerte n'a fait qu'aggraver les choses. Après un arrêt dans une pharmacie à l'entrée de la petite cité, nous sommes convenus qu'il était préférable qu'Olivier repose sa jambe. Il me précéderait en voiture à Moissac, s'installerait dans un hôtel et m'y attendrait. Du coup, la visite de la ville moyenâgeuse de Lauzerte (qui est à 1138 km de Saint-Jacques : on se rapproche...) a été écourtée. Chacun a pu néanmoins admirer l'église Saint-Barthélémy et ses camaïeux.
C'est donc seul que je me suis élancé sur le chemin entre Lauzerte et Moissac. L'itinéraire emprunte des chemins ruraux, mais aussi beaucoup de "goudron" comme diraient les Maliens. Les vergers sont nombreux, la région est orientée vers la production de fruits (cerises en saison, prunes et raisins que je qualifierai d'excellents pour y avoir goûter !).
Sur le chemin, seule mérite une mention, la chapelle Saint-Sernin du Bosc, à quatre kilomètres de Lauzerte. Elle a toute une histoire. Située dans le vallon de la Combe au Miel, elle est mentionnée dans une bulle papale de 1097 comme possession de l'abbaye de Moissac. Une dernière messe est dite le 3 novembre 1973, avant qu'elle ne soit abandonnée et ne se dégrade rapidement. Restaurée par des bénévoles, elle a été classée en 1995 ! Elle est d'une grande sobriété. Son chœur est mis en valeur par un très bel arc triomphal.
Grenier au Chartron peu avant la chapelle Saint-Sernin ci-dessous
Pas question de faire une pause boisson à mi-chemin, à Durfort-Lacapelette, le seul bourg d'importance sur ma route : tout était fermé ! Condamné à avancer... Finalement, après avoir quitté Olivier à midi et demi, j'étais aux portes de Moissac à 18 heures. C'était compter sans l'étendue de la ville qui a fait tâche d'huile. Je n'ai atteint le centre et l'hôtel "Le Luxembourg" qu'une bonne demi-heure plus tard, fatigué, comptant mes pas et fredonnant des chansons de marche pour que le temps passe plus vite, mais content d'avoir parcouru 28 nouveaux kilomètres, soit 35 dans la journée (environ 44 500 pas !) et d'avoir passé le cap des 400 kilomètres.
Le pronostic est réservé ce soir, mais il est probable que c'est la fin du chemin pour Olivier qui pourrait souffrir d'une "fracture de fatigue" ou d'une "périostite", lésions courantes, semble-t-il, chez les sportifs, les jeunes recrues soumises à un effort physique soutenu auquel elles ne sont pas habituées et... les quinquagénaires qui reprennent une activité sportive ! Nous ferons le point au réveil.


















Un petit bonjour de Bourgogne dans le froid et la grisaille! Bon rétablissement à Olivier (respect belle performance !!!!) et courage à toi Christian pour la suite! Le clan des Gérard du Mont de Beneuvre!
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